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Les loups en Beauce

Bien que la Beauce ne fût pas un pays de forêts, elle était cependant couverte de buissons et de quelques grands bois.

Elle était enclavée dans un réseau forestier dense très propice à la présence de bêtes sauvages et donc de loups.

L’hiver ces bêtes devenaient plus dangereuses pour les animaux comme pour les hommes et rodaient prêt des villes, attirés par les odeurs de charognes.

En 1585, les loups font invasion dans la ville de Chartres. Henri IV, le 8 février 1600 accorde à l’abbesse de st-Avit-lé-Chateaudun un brevet pour tirer à l’arquebuse sur les loups.

En 1653, Jeanne Aubert âgée de 15 ans est dévorée par un loup, près de Chartres.

De grandes chasses sont organisées en 1797 à Orgères, Janville, Sancheville, Voves, Bonneval, Moléans, Civry.

Un enfant de 12 ans est poursuivi par un loup en 1798.

Une battue générale est organisée le 1er décembre 1799 à Sainville, Gommerville, Auneau, Sancheville, Voves, Orgères.

Lelard Père et fils de St Denis les ponts se battent contre un loup enragé en 1801. Lelard fils meurt des suites de ses blessures.

Parmi ceux qui ont œuvré pour la destruction des loups, signalons M Boisguyon adjoint municipal de Chateaudun qui dès 1798 et pendant de longues années à rempli efficacement ses fonctions de lieutenant de louveterie dans l’arrondissement.

Il y eu 5351 loups tués en France en 1797, en Eure et loir les bois de Combray près d’Orgères sont souvent cités dans les primes payées pour la destruction des loups.

 

 

 

Attaques des loups dans la région

 

SAINVILLE

 

17 octobre 1691 : L'an 1691, le mercredy 17e jour du mois d'octobre, j'ay inhumé la teste d'Anthoinette Forette, fille de Pierre et de Susanne Lesage, ses père et mère, âgée d'environ 6 ans, que ledit Pierre Foret, son père, m'a assuré avoir estre ravie et emportée par la beste et mangée.

 

GG 7. Registre des baptêmes, mariages et sépultures de la paroisse de Sainville.

Dans : L. MERLET, inventaire de la série E-supplément, p. 60.

 

GASVILLE

L'année 1740 a été très-fâcheuse. Nous avons eu un hiver très-long et très-rigoureux : on peut dire que pendant tout le cours de cette année ça été à proprement parler un hiver continuel. Il arriva dans cette paroisse un grand accident : un loup enragé déchira une femme et deux enfants dans les bois, qui tous trois sont morts d'un accès de rage. La récolte de bled a été très-petite, ce qui a causé une grande chereté. On a eu bien de la peine à la faire à cause des pluyes presque continuelles.

 

Signé : Vernier.

GG 5. Registre des baptêmes, mariages et sépultures de la paroisse de Gasville.

Dans : L. MERLET, inventaire de la série E-supplément, p. 96.

 

THIVARS

Le vendredy 7e juillet 1662, a esté enterré dans le cemetière de Thivas Marin Renou, fils de Hilaire Renou et de Marie Vouase, ses père et mère, aagé d'environ 6 ans. Ledict deffunct a esté étranglé par un loup qui a faict grand desgat en ces quartiers il y a plus de deux ans, et je crois qu'il en a mangé ou faict mourir bien près de 30 enfans, dont en voylà 2 dans ma paroisse qu'il a estranglé, chose effroiable !

 

Signé : Laurens

GG 2. Registre des baptêmes, mariages et sépultures de la paroisse de Thivars.

Dans : L. MERLET, inventaire de la série E-supplément, p. 166.

 

VER-LES-CHARTRES

 

Le 10 aoust 1581, fut inhumé Denys, filz de Pierre Daudet, aagé de 8 à 9 ans, lequel prins dans le pré que l'on appelle Couldryer par une beste saulvage, laquelle le print par le meillieu du corps, luy fendit tout le ventre de travers, de sorte que les intestins estoient sortis. L'enfant s'écrie ; sa mère vint à luy, le print par le bras et l'osta à ladite beste, laquelle jetta par terre ladite femme avec la teste, et de rechef reprint ledit enfant par le meillieu du corps, qui cria à haulte voix : "Ah Dieu ! ma mère, la beste m'emporte", joignant les mains ; et icelle beste le porta et traîna depuys ledit pré jusques

de l'autre part du chemyn de Boyau en ung jardin à Jehan Chardon, et le monde survint. Ladicte beste laissa ledict enfant demy-mort et vesquit environ 12 heures. On a opinion que c'est ung léopard ou ung once.

 

 

GG 1. Registre des baptêmes, mariages et sépultures de la paroisse de Ver-lès-Chartres.

Dans : L. MERLET, inventaire de la série E-supplément, p. 170.

 

GRANDVILLE (Aujourd'hui Gommerville)

 

Le 4 septembre 1679, dans le cimetière de Grandville, furent enterrés un pied droit, un bras gauche depuis le coude,avec quelques ossemens de l'espaule d'une fille, aagée de 6 ans, dévorée par une beste féroce, et prise dans la rue le soir et emportée dans les champs ; et sur le midy dudict jour fut apportée à l'églize la teste descouverte jusque au crâne, les yeux arrachés, et la peau de la teste avec les cheveux, avec des entrailles, trouvés dans les guérets de Pussay.

 

Signé : Férant

GG 1. Registre des baptêmes, mariages et sépultures de la paroisse de Grandville.

Dans : L. MERLET, inventaire de la série E-supplément, p. 316.

 

ARMENONVILLE-LES-GATINEAUX (Aujourd'hui Bailleau-Armenonville)

 

Nous devons faire mention de la désolation que causèrent 8 ou 10 lieues à la ronde une quantité de loups accoustumés à manger de la chair humaine, depuis l'année 1680 jusques en 85. Comme ce fléau commença après que notre invincible monarque Louys le Grand eut donné la paix à tous ses ennemis, ennuyé qu'il estoit de les vaincre, il est à

supposer que ces misérables bestes qui s'attaquoient plustost aux hommes qu'aux bestiaux avoient suivi les armées et que s'estant nouris de soldats morts dans les combats elles ne vouloient plus d'autre nourriture que de chair humaine, et dès lors on peut dire sans exaggération que ces loups carnassiers, dévorèrent plus de 500 personnes, mais beaucoup plus de femmes que d'enfans que d'hommes, parce que, pour peu qu'on se défendist, ils se retiroient ; ce qui sauva la vie à une grande quantité d'hommes et mesmes de femmes et d'enfans, qui, ne sortant jamais de chez eux sans se munir de quelques ferments, avoient le courage de leur résister, et ce qui fist quil y en eut un très-grand nombre de blessés.

Dont S[a].M[ajesté]. fust touchée lorsqu'elle vint à Chartres en action de grâce de l'heureux accouchement de Mme la Dauphine et de la naissance de Mr le duc de Bourgogne, car ayant eu l'honneur d'estre choisy pour faire une recherche seulement à trois lieues des environs d'Armenonville, l'on présenta au Roy les extraits d'enterrements d'ossements de 190 sans y comprendre les blessés, auxquels S. M. fist distribuer une somme de 900 livres, et en mesme temps ordonna au grand-maistre de sa louveterie, de faire incessamment chasser pour destruire ces désolantes bestes, ce qui ne put être finy que longtemps après. Les bonnes gens vouloient que ce fussent des sorciers, soit parce qu'elles attaquoient et dévoroient des personnes à divers endroits au mesme jour, soit parce que souvent elles d'eschappoient des embuscades qu'on leur faisoit et passoient au milieu des personnes qu'on postoit autour des bois sans qu'on osast les tirer, parce que la peur faisoit souvent tomber les armes de la main à bien des gens inusités à les porter. J'assistay, avec Mr Bruneau, curé de Villiers, à la prise d'un, que je fis poursuivre par les habitans de Gallardon et les miens dans la vallée qui est entre eux et nous, pour s'estre voulu jeter sur un particulier ; et comme cet animal se vit fortement poussé dans les taillis de cette vallée, il fut obligé d'en sortir pour gaigner le petit bois de Harleville, où ce que nous estions de gens à cheval le poursuivismes vigoureusement, et plus que personne ledit curé de Villiers qui, estant avantageusement monté, mais sans autres armes que son baston ferré et l'ayant joint avant quil fust parvenu audit bois, lui enfonça heureusement sur le milieu du dos ; de quoy cet animal se sentant mortellement blessé se l'arracha et le grugea en deux : après quoy, tout hérissé et escumant de rage, faisant ses efforts pour gaigner ledit taillis, le sieur curé descendant de cheval, et prenant le reste de son baston luy relança une seconde fois avec un pareil succès, dont son pas fust tout à fait modéré, et le Sr Delacroix, bourgeois de Gallardon, l'ayant devancé, luy tira un coup de fusil qui le mit à bas.

 

 

GG 6. Inventaire des titres et des meubles, et mortuologe de l'église d'Armenonville-les-Gâtineaux

Dans : L. MERLET, inventaire de la série E-supplément, p. 368

 

BLEURY

 

Le 5e jour de septembre 1653, fut ravye et desvorée la personne de Catherine Boyleau par un loup ravissant qui l'a

mangée par l'estomach et autres parties de son corps.

 

Signé : Le Templier.

GG 3. Registre des baptêmes, mariages et sépultures de la paroisse de Bleury.

Dans : L. MERLET, inventaire de la série E-supplément, p. 371.

 

ECROSNES

 

30 août 1679 : Inhumation de Marie Leroy, fille de Martin Leroy, laboureur, âgée de 15 ans, "estranglée par une beste carnacière sur le fossé appelé d'Ocre entre Escrosnes et Escrignoles, sur les cinq heures du soir, et dont le corps estoit en partye mangé".

 

GG 7. Registre des baptêmes, mariages et sépultures de la paroisse d'Ecrosnes

Dans : L. MERLET, inventaire de la série E-supplément, p. 380.

 

 

29 juin 1680 : Inhumation de : Mathurine Lochereau, fille de Noël Lochereau, sergent à Ecrosnes, âgée de 18 ans, "laquelle est morte des blessures qui lui ont esté faictes sur les trois heures après midy entre les vilages d'Escrosnes et de Nuisement par une beste carnacière, manière de loup, qui luy avoit fait plusieurs playes à la gorge et mangé une partie de la cuisse et fesses".

 

GG81. Registre des baptêmes, mariages et sépultures de la paroisse d'Ecrosnes

Dans : L. MERLET, inventaire de la série E-supplément, p. 380.

 

7 juillet 1682 : Marie Duval, fille de Pasquier Duval, vigneron à Ecrignolles, "ayant été blessée et étranglée par une beste dévorante régnante en ces lieux "(…).

 

GG 8. Registre des baptêmes, mariages et sépultures de la paroisse d'Ecrosnes

Dans : L. MERLET, inventaire de la série E-supplément, p. 380.

 

 

4 août 1682 : Louise Broutin, femme de Jean Durand, couvreur à crosnes, âgée de 40 ans, "ayant esté estranglée et partie du corps mangée par une beste féroce" (…).

 

mariages et sépultures de la paroisse d'Ecrosnes

Dans : L. MERLET, inventaire de la série E-supplément, p. 380.

 

 

30 janvier 1683 : Jeanne Roger, femme de Denis Pichart, homme de peine à Giroudet, âgée de 38 ans, "décédée des blessures qui luy furent faites par une beste demeurante dans le bois de Haultemaison "(…).

 

8. Registre des baptêmes, mariages et sépultures de la paroisse d'Ecrosnes.

Dans : L. MERLET, inventaire de la série E-supplément, p. 380.

 

GALLARDON

L'an 1682, le 27e jour de juin, Jeanne Charron, âgée d'environ 64 ans, vefve de Jean Peltier, vivant vigneron à Germonval, a esté inhumée dans le cimetière, ayant esté éstranglée la veille et à moitié mangée dans sa vigne de Montafilan par une beste.

 

Signé : Lefebvre ; Degas ; Larcher, curé de Gallardon.

GG 22. Registre des baptêmes, mariages et sépultures de la paroisse de Gallardon

Dans : L. MERLET, inventaire de la série E-supplément, p. 403

 

 

L'an mil six cent quatre vingt deux le vingt septième jour de juin Jeanne Charron âgée d'environ soixante quatre ans veuve de Jean Peltier vivant vigneron demeurant à Germonval a été par nous curé de Gallardon soussigné inhumée dans le cimetière dudit lieu ayant été étranglée la veille et à moitié mangée dans sa vigne de Montafilan par une bête,

ladite inhumation faite en présence de Me Dominique Pasty et de Me François Lefébure prêtres habitués dans ladite paroisse et encore de Me Simon Degas fils de ladite défunte et autres parents et amis qui ont déclaré ne savoir signer interpellez sauf les soussignés avec nous curé.

 

Signé : Lefébure, ?, Larcher, curé de Gallardon.

 

YMERAY

 

Anne Martin, veufve de feu Jean Lebrun, a esté tuée par un loup dans sa vigne aux Bordes le 26 juin 1653

 

GG 2. Registre des baptêmes, mariages et sépultures de la paroisse d'Ymeray

Dans : L. MERLET, inventaire de la série E-supplément, p. 444.

 

 

Michel Guérin, fils de Jean et de Marie Degas, sa femme, a esté entièrement dévoré par un loup ravissant, gardant sa vache près les prez de Longroy sous Mausaise, le 20 aoust 1653.

 

GG 2. Registre des baptêmes, mariages et sépultures de la paroisse d'Ymeray

Dans : L. MERLET, inventaire de la série E-supplément, p. 444.

 

Catherine Degas, aagée de 16 ans ou environ, a esté tuée par un loup, gardant sa vache près Longroy, le 5e septembre 1653.

 

GG 2. Registre des baptêmes, mariages et sépultures de la paroisse d'Ymeray

Dans : L. MERLET, inventaire de la série E-supplément, p. 444.

 

 

Hiérosme Malartis, fils de Jean Malartis et de Perrine Talmousier, a esté navré d'un loup et esgorgé le dimanche 3 octobre 1650, âgé de 8 ans.

 

GG 2. Registre des baptêmes, mariages et sépultures de la paroisse d'Ymeray

Dans : L. MERLET, inventaire de la série E-supplément, p. 444.

 

 

Jeanne, fille de Jean Mérie et d'Anne Abraham, sa femme, est décédée le 13 novembre 1650 par les blessures d'un loup, âgée de 6 à 7 ans.

 

GG 2. Registre des baptêmes, mariages et sépultures de la paroisse d'Ymeray

Dans : L. MERLET, inventaire de la série E-supplément, p. 444.

 

 

Marin, fils de Nicollas Besnard et de Jullianne Mouffle, ses père et mère, a esté enterré au cimetière d'Ymeray, le 11 juin 1651, âgé de 6 ans et demi, après avoir esté esgorgé par deux loups dans les prez, proche de la chaussée du Tillier.

 

GG 2. Registre des baptêmes, mariages et sépultures de la paroisse d'Ymeray

Dans : L. MERLET, inventaire de la série E-supplément, p. 444-445.

 

 

Pierre, filz de Vincent Guillet et de Barbe Martin, sa femme, dévoré d'un loup, reste la teste et le bras gauche, le 30 septembre 1652, âgé de 6 ans et demy, proche de la maison et traîné dans les prez, a esté enterré à Ymeray.

 

GG 2. Registre des baptêmes, mariages et sépultures de la paroisse d'Ymeray

Dans : L. MERLET, inventaire de la série E-supplément, p. 445.

 

LE COUDRAY

 

« Le lundi 30e jour de juing 1653, Jeanne Aubert, fille de Claude Aubert, âgée de 15 ans 9 mois, a été terrassée et esgorgée par un loup qui lui a mangé la joue, à quatre heures après midy, estant dans les vignes à sercler de l’herbe près du village du Coudray, et est morte ce même jour à dix heures du soir ».

 

Transcription de Ch. Marcel-Robillard. Le Folklore de la Beauce.Vol. 8 : le folklore de la peur. Paris. 1972

 

 

4 septembre 1653 : « Inhumation d’une fille de Jehan Mausain, le quatrième jour de septembre qui a été estranglée du loup ».

 

Transcription de Ch. Marcel-Robillard. Le Folklore de la Beauce. Vol. 8 : le folklore de la peur. Paris. 1972

 

LEVAINVILLE

 

« Le jeudy 26e de juillet 1653, fut inhumé le corps de Richarde Ringuenoire, âgée d’environ 10 ans, laquelle fut dévorée le mesme jour par un loup ou une aultre beste fauve ».

Transcription de Ch. Marcel-Robillard. Le Folklore de la Beauce. Vol. 8 : le folklore de la peur. Paris. 1972

 

VER-LES-CHARTRES

 

« L’an 1660, le mercredy 28e jour de juillet, fut inhumé au coemetière de céans le corps de feu Nicole Mahaud, fille de Jean Mahaud et de Jeanne Roulin, aagée de 6 à 7 ans, laquelle mourut d’une mort cruelle et précipitée, aiant esté ravie par une louve qui couroit pour lors jusque dans les villages et se retiroit dans le boys de cette paroisse, et affamée à cause de 7 louveteaux qu’elle avoit dans les bleds au terroir des Fosses. Elle vint le 28e jour dudit mois de juillet, dans

les vallées de ceste dite paroisse, et print et ravit cette pauvre deffuncte dans leur jardin, et l’entraîna et l’emporta jusque dans un petit bois appartenant à Louis Rousseau, sans que l’on entendît aucun cry, et l’aiant estranglée lui rompit sa robbe qui estait neufve. Et comme l’aiant mise toute en pièces, voulant après ce prendre et lui manger les entrailles, une des voisines sort par bonheur, qui appercevant le couvrechef, suit la trace du sang respandu, la

rencontre dans une ousche, où criant après ceste louve, comme elle s’enfuit en entendant le bruit laisse cette enfant, sans pourtant n’avoir mangé aucune chose du corps de ladite petite deffuncte, sinon que de l’avoir estranglée, chose trop cruelle.

Le mesme jour courut au village de Corancès où, sur le soir, elle prit et ravit un enfant à un nommé Jean Lopiteau, tout proche la maison, et l’avoit déjà entresné deux riages de champ, et preste d’entrer dans les blés, n’eust été un nommé Vincent Bidos qui, entendant quelque bruit, aperçust ceste mesme louve avec ledit enfant non encore mort, mais

toutesfois fut endommagé au col et autres parties du corps, courut après avec quelques autres personnes qui travaillaient auprès de lui à faucher des avennes, et aiant apporté ledit enfant à la maison on doutoit fort si la mort s’ensuivroit ».

 

. 1972 Transcription de Ch. Marcel-Robillard. Le Folklore de la Beauce. Vol. 8 : le folklore de la peur. Paris

 

 

« Le 24e jour du mois d’aoust 1661 mourut à Reneuve une petite fille nommée Marie, fille de Jacques et de Jehanne Charpentier sa femme, qui fut ravie par un loup qui la tresna bien loing, après l’avoir stranglée mangea presque la moitié du corps de ladite defuncte, qui estoit aagée de 7 ans et quelques mois : le reste du corps fut le lendemain

inhumé au cymetière de Ver ».

 

Transcription de Ch. Marcel-Robillard. Le Folklore de la Beauce. Vol. 8 : le folklore de la peur. Paris. 1972

 

 

« Le 2e jour de juillet 1662 mourut proche les moulins de Tachainville Georges Laureau, fils de Georges Lauriau et de … Girard, ses père et mère, ayant été ravi d’une louve, laquelle ayant prins iceluy l’auroit entraisné dans le bois de Tachainville, où, après l’avoir estranglé, lui auroit mangé un bras depuis le haut jusqu’au coulde ; le corps duquel aagé de 5 ans, fut inhumé ledit jour en l’église de Ver ».

 

Transcription de Ch. Marcel-Robillard. Le Folklore de la Beauce. Vol. 8 : le folklore de la peur. Paris. 1972

 

SAINT-ARNOULT-DES-BOIS

 

« Mathurine Dauvillier, fille de Charles, étant en service à Fleurfontaine, est décédée, ayant été tuée par quelque bête sauvage, le 3e décembre 1691 ».

 

Transcription de Ch. Marcel-Robillard. Le Folklore de la Beauce. Vol. 8 : le folklore de la peur. Paris. 1972

 

SAINT-MAURICE-LES-CHARTRES

 

« Le jeudi 18e jour de mars 1693, dans le cimetière de Saint-Maurice-lès-Chartres, a été inhumée, après avoir esté égorgée par la beste vulgairement appelée la beste de Bailleau l’Evêque, Lubine Jumentier, femme de Jean Guillaume Cartier, demeurant à Seresville ».

 

Transcription de Ch. Marcel-Robillard. Le Folklore de la Beauce. Vol. 8 : le folklore de la peur. Paris. 1972

 

BAILLEAU-SOUS-GALLARDON

« Année 1699 en laquelle il sembla que tous les fléaux de Dieu joints ensemble devoient anéantir le genre humain. La guerre, la peste et la famine étaient de concert pour affliger les hommes…

Des bêtes féroces achevèrent de désoler le pays ; on ne parlait que de femmes et d’enfants mangés. Je fus témoin oculaire de deux désastres de cette nature arrivés à Bailleau, en la personne d’un garçon de Jean Haslé, bedeau de l’église, que M. Marie, curé de la paroisse, sauva d’entre les dents d’une de ces bêtes en ayant reçu 13 plaies, et en la personne d’une fille appartenant à Jean Barat, tailleur, qui étant oute déchirée, comme on la rapportait chez son père, demandoit qu’on l’enterrast en passant par devant le cimetière ; ce qui ne fut guère différé qu’une heure au plus, ayant expiré en arrivant à la maison ».

 

 

Transcription de Ch. Marcel-Robillard. Le Folklore de la Beauce. Vol. 8 : le folklore de la peur. Paris. 1972

 

LANDELLES

« Le 18e jour de may 1725 a esté inhumé dans le cimetière de céans le corps de Noëlle Blin, veufve de défunt Louis Damoiseau ; aagée de 45 ans ou environ, morte par accident qui luy est arrivé en ce qu’elle a esté dévorée par un loup enragé il y eut mardi dernier cinq semaines ; nonobstant l’entière et parfaite guérison de ses playes ; il a fallu périr de la manière la plus triste du monde ».

 

Transcription de Ch. Marcel-Robillard. Le Folklore de la Beauce. Vol. 8 : le folklore de la peur. Paris. 1972

 

PIERRES

 

 

L'an 1693 le 19e jour d'août est décédé Louis Petit fils de Louis et de Louise Chevallier âgé de cinq ans ou environ ayant été presque dévoré par un loup enragé ce dix huit dudit mois et an son corps est inhumé dans le cimetière de cette église où nous l'avons porté avec les cérémonies accoutumées le 19e et en présence de Jean et icelles servants lesquels ont déclaré ne savoir signer de ce interpellés

Ce jourd'hui premier octobre 1693 est décédée en cette paroisse Marie Trevache fille de Jacques et de Jeanne Tellier âgée de deux ans ou environ ayant été emportée par un loup dans la maison dudit Jacques Trevache environ les sept ou huit heures du soir en sa présence. Une partie du corps ayant été retrouvée le lendemain et enterrée le même jour et le quatre dudit mois d'octobre la tête et quelque partie du corps a été trouvée et mise en terre par moi Guillaume Colop chanoine de Maintenon à cause de la maladie de Monsieur le curé avec les cérémonies accoutumées en présence de Jacques Trevache et icelles servants et autres qui ont déclaré ne savoir signer de ce interpellés

 

 

GERMIGNONVILLE

Le dix neuf de juillet mil sept cent trente cinq a été par moi curé soussigné inhumé dans le cimetière le corps de Louis Cassonnet âgé de huit ans ou environ lequel a été tué au bout de Germignonville par une bête féroce après avoir déchiré son corps pendant un quart d'heure et qui ne l'a point abandonné qu'après avoir été poursuivi par plusieurs

personnes la même bête ou une semblable depuis huit jours a dévoré plusieurs enfants à Bonneval, à Molitar et plusieurs autres endroits, ce qui a jeté la crainte dans l'esprit de bien des personnes qui n'oseraient aller dans les champs sans être armé de quelque ferrement et armes pour se défendre de la cruauté de cette bête, j'ai vu expirer ledit enfant, et l'inhumation a été faite en présence de Claude Cassonnet et Marie Valin ses père et mère, de Pierre Goussin et d'un grand nombre de personnes desquels ledit père et Pierre Goussin ont signé avec nous le présent acte.

Signé Claude Cassonnet P. Goussin. L.A. Billard avec paraphes.

 

 

MONTLOUET

 

Le jeudi huitième jour de juin mil six cent soixante dix neuf furent inhumés au cimetière de cette paroisse par moi curé soussigné les os et reliques du corps de Marie Ridet âgée de cinquante cinq ans ou environ, veuve de défunt Michel Brunet laquelle fut ledit jour et an que dessus, sur les onze heures du matin, cruellement dévorée par une bête féroce,

dans sa vigne proche le chemin de l'Orme, laquelle inhumation a été faite en présence de Nicolas Brunet son fils et Mathurin Le Loup beau père dudit Brunet et de plusieurs autres personnes.

 

Le lundi quatorzième jour d'août mil six cent soixante dix neuf, sur les sept heures du soir, André Lerondeau âgé de deux ans ou environ, fils de Martin Lerondeau et de Nicole Lerondeau sa femme fut cruellement dévoré par une bête féroce on a seulement trouvé les petits pieds de cet enfant qui ont été inhumés au cimetière de cette paroisse.

 

Le vendredy douzieme jour de septembre mil six cent quatre vingt un furent inhumez au cimetiere de cette parroisse la teste et les os de Catherine Trouvé aagée de huit ans ou environ fille de defunct Jean Trouvé et de Jeanne Jardin sa femme, laquelle Catherine Trouvé fut cruellement devorée par la beste dans les prez de Montlouët sur les quatre heures du soir, ce jeudi onzième jour dudit mois et an que dessous.

 

 

NOGENT-LE-PHAYE

 

Le 4 octobre 1694 a été inhumée par moi curé soussigné Denise Vannelle étranglée par la bête en présence de Pierre Vannelle son père et Claude Vannelle lesquels ont dit ne savoir signer Aubert

 

 

FONTAINE-LA-GUYON

 

15 juin 1695 : Le quinze dudit mois et an est décédée Marie Olivier veuve de Michel Hardi, laquelle aiant esté étranglée par une beste féroce, et a esté inhumée au cimetière de ceans par moy curé soussigné, en présence d’Estienne Guinchestre qui a signé en l’original, et de Blaise Deni qui a déclaré ne scavoir signer.

 

26 mai 1694 : Le 26 dudit mois et an est décédée et mangée en partie par une beste feroce Marie Le Roy, fille de Pierre

le Roy aagée de 22 ans environ, et a esté inhumée au cimetiere de ceans par moy curé soussigné, en présence dudit Le

Roy et de Jean le beau qui ont déclaré ne scavoir signer de ce interpellez.

 

27 mai 1694 : Le 27 dudit mois et an, est décédée après les blessures receues d’une beste feroce, et a esté inhumée dans le cimetiere de cette paroisse, Louise Deneau aagée d’environ 14 ans, fille de Marin Deneau, et de Perinne Rosier sa femme ; laditte inhumation A esté faitte par moy vicaire soussigné en présence dudit Deneau Pere de la deffunte et de Jean Grou qui ont declaré ne Scavoir signer.

 

28 mai 1694 : Le 28 dudit mois et an a esté inhumé au cimetiere de ceans le reste du cadavre de Mathurine Gouabin fille aagée de 35 ou 38 ans, demeurant chez Laurent Babouin, laquelle a esté trouvée mangée d’une beste feroce selon les apparences des le 26 dudit mois, par moy curé soussigné, en presence de Pierre Morin et de Blaise Doüy qui ont

déclaré ne scavoir signer de ce interpellez.

 

27 août 1693 : Le vingt sept dudit mois et an a esté inhumé au cimetiere de ceans le reste d’un cadavre d’un homme

nommé Noel Merieux qui a dit estre du village ou bourg du Pin paroisse Belesme, et dont St Berthelemy est le patron

dudit bourg, suivant le temoignage que nous a rendu Jean Robert et sa femme, qui l’ont appris de luy comme aussy

qu’il avoit 2 enfans dont il payoit 3tt par mois pour la pension du plus jeune, et l’autre etoit en service et loüé : lequel

deffunt demeuroit chez ledit Robert depuis 4 jours pour scier ses bleds et avoit été dévoré la nuit precedente par une

beste feroce, qui a mangé la moitié de son corps, et a été trouvé en cet etat le matin par Mathurin Renard

d[e]m[euran]t à St Arnoul, lequel jay pris pour temoing de la sepulture dudit cadavre avec Estienne Guinebert

soussignez avec moy curé de laditte p[aroi]sse.

 

 

LUPLANTE

 

Le jeudy trentième jour de mai mille sept cent quarante huit mourut Laurent Dunois enfant age denviron huit ans fils de feu Daniel Dunois charpentier, et de feue Jeanne veron ses pere et mere, de cette paroisse lequel estant sur le chemin de Montligeon a ramasser de l’herbe conjointement avec sa parente fut attaqué par un loup et en fut presque dévoré. Il a vécu encore asses de temps pour recevoir les sacrements de penitence et d’extreme onction qui luy ont esté administré par moy pretre curé de Luplanté soussigné, et ai fait son inhumation dans le cimetiere, en présence de Jacques Dunois son oncle et son tuteur, de Louis Rochette aussi son oncle de Pierre Pichot son cousin et de plusieurs autres, dont ? a signé avec moy le present acte ; les autres ayant déclaré ne scavoir signer. Louies Rochette, pierre pichot, Boucher

 

 

 

 

 

 

Renseignements recueillis dans le « souaton » n°91 de la société de généalogie du Perche Gouet

Virginie Le Bourhis

 

http://www.perche-gouet.net/

 

 

 

 

LE DERNIER LOUP DE LA REGION

L’un des derniers loups, tués dans la Beauce dunoise est sans doute celui-ci.

« Un individu mâle, de forte taille, a été abattu le 15 Août 1900, dans un petit bois, dit « la remise des prés », situé sur la commune de Thiville ».

Sa présence avait été relevée par la disparition de plusieurs moutons dans les fermes voisines, et c’est au cours d’une battue, spécialement organisée en son honneur, que le fauve tomba sous les plombs de MM Joseph Blondeau (de Thiville), et Robert Barrault (de Touchaillou) qui se partagèrent sa dépouille.

 

Acoute que j’te cause édité par la société dunoise.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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