L’évolution de la vie à la campagne

Les anciens métiers d'Autheuil Eure et Loir

et des environs.

 

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Dans les actes d'état civil de la commune nous rencontrons les mêmes métiers.

Les fermes les plus importantes employaient chacune une dizaine d'ouvriers à temps plein plus des journaliers suivant les saisons.

Les patrons de ces exploitations étaient appelés Maître et Maîtresse.

Le propriétaire du Rossignol fut cité comme propriétaire bourgeois. 

 

Nous ne trouvons aucun noble à Autheuil sauf  un écuyer, « dernier des chevaliers » Il habitait  au Grand Bouville et était relativement  important à Autheuil car les actes occupent à chaque fois plusieurs lignes avec le seigneur auquel il est inféodé.

 

 

Chargement du foin dans une charrette tirée par des bœufs. Notre région utilisait plutôt les chevaux.

 

 

 

Les métiers les plus cités étaient : Laboureur, charretier ou chartier, journalier.
D'autres comme berger, calvénier, homme de peine, homme à tout faire, bonne à tout faire, servante de ferme, domestique sont parfois répertoriés mais on peut en lisant entre les lignes s'apercevoir qu'ils n'étaient pas du même niveau social que les précédents.

D'autres métiers sont liés directement à l'exploitation des fermes.
Nous trouvons des : meuniers à Battereau, des charrons de pères en fils, des menuisiers, des bourreliers, des cordonniers, des sabotiers, des cabaretiers, des cafetiers, même dans les hameaux, des tisserands, des cantonniers, des gardes de chasse, champêtres ou particuliers.
Pour les femmes nous avons des couturières, lingères etc.

Pièce commune avec le séchage et fumage des charcuteries.

 

La basse-cour

 

Nous avons eu un coquetier (marchand de volailles et œufs). Les gardes barrières firent leur apparition quand la voie ferrée traversa la commune. Quelques militaires étaient cités avec leurs grades et la liste de leurs décorations. Les vignerons du canton sont en principe de Montigny.  Pourtant il y eu des vignes mais ce ne fut pas l’activité première de ces exploitants.

 

Le semeur

La baignoire des petits pendant l’été.

 

Le semoir tiré par un cheval.

Les instituteurs d'Autheuil furent après la révolution, presque à chaque fois témoins des mariages, des naissances et des décès.

D'autres métiers plus rares étaient :
Voituriers de chaux (ils transportaient la chaux avec leur charrette du four aux constructions de la région). Scieurs de long, ils coupaient les arbres dans le sens de la longueur pour faire des poutres, l’un était au dessus on l’appelait le singe et l’autre en dessous qui prenait toute la sciure sur lui. Entrepreneur de battages. Nous avons des marguilliers, (membres d’un conseil de fabrique, chargés d’administrer les biens d’une paroisse).

 

 

La récolte du maïs pour la nourriture des animaux.

Les lavandières à la rivière.

A noter que pendant quelques années nous avons eu un curé nommé : Renou de Courcelle. Nous ne savons pas d’où il venait et ne lui connaissons pas de famille.

Certains fermiers étaient des bordagers ou métayers (locataires des terres).

 

 

Le battage manuel. En Beauce on utilisait le fléau.

La trépigneuse. Le cheval marchait sur un « tapis » et servait de moteur pour la batteuse.

Le cochon qui va être tué.

Le découpage du cochon.

Un vendeur de moutons

Un lapin bon pour le prochain repas

La longueur des actes d'état civil est en principe liée au niveau social des personnes.
Quelques lignes pour une fille mère, un cantonnier ou un berger. De grandes litanies pour les personnes nobles ou avec particules.

Nous remarquons que les "filles" qui se retrouvaient grosses sans être mariées étaient à chaque fois des domestiques ou des bonnes à tout faire et venaient souvent d'autres communes, souvent du Loir et Cher ex : St Jean Froidmentel, Fontaine Raoul, La Fontenelle etc. Leurs enfants recevaient deux prénoms dont parfois le second devenait leur nom de famille car même leurs mères ne les reconnaissaient pas.
Souvent un homme venait à la mairie déclarer cette naissance qui avait eu lieu chez lui sans qu'il soit le père.

La pause

 

 

La bénédiction des récoltes

Les faucheurs

Le marché aux bestiaux

La traite

Une fête

Une faucheuse javeleuse

La faucheuse lieuse

La rentrée des foins

Le binage (travail courbé)

 

Début de la motorisation avec l’arrivée des tracteurs

L’ancêtre des tracteurs

 

 

Une batteuse entrainée par un moteur

Faucheuse lieuse tirée par un tracteur

On emmène la vache au taureau

Matériel déjà plus évolué

Vers le marché

Le battage

La batterie

La faucheuse lieuse avec un tracteur (Société française)

Le semoir

La moissonneuse batteuse

La récolte du maïs

Une presse à ballots de paille

Un tracteur et sa remorque

 

Autres métiers parfois oubliés

 

 

 

 

Bourrelier

Bourrelier

Bucheron

Carrier

Charron

Charron

Cordonnier

Fileuse

Forgeron

Horloger

Lavandière

Maréchal ferrant

Plombier zingueur

Sabotier

Sabotier

Tailleur de pierre

Tailleur d’habit

Tonnelier

Vannier

Faucheur

 

 

 

 

Le berger

Les batteux

Barger dans le patois beauceron, il est un homme solitaire. Il a connu un certain prestige car il a tout le temps pour observer la nature. Il scrute le ciel, les nuages, le vent, les astres, la lune. Il est médecin et chirurgien de son troupeau. Il surveille son troupeau en sculptant des bâtons à l’aide de son couteau. Il donne des ordres à  ses chiens, des « bergers de Beauce » ou « bas-rouge ». Ceux-ci  connaissent leur travail et anticipent le désir de leur maître.  Les moutons sont regroupés la nuit dans les claies que l’on peut déplacer suivant les jours. Le berger ne quitte jamais son troupeau et couche dans une cabane en bois portée par trois roues. Les chiens couchent dessous.

Une fois par an, l’entrepreneur de battage venait avec sa « batterie » chez des fermiers pour battre la récolte de l’année.

L’équipe de batterie comprenait une dizaine d’hommes sous la direction du chauffeur. Quelques uns étaient en poste fixe mais d’autres étaient embauchés au jour le jour. Ces derniers étaient des chemineaux, des trimards et étaient souvent avinés. Les sacs de grains étaient chargés à dos d’homme et montés dans le grenier par un escalier très raide ou une échelle. Ces sacs pesaient environ un quintal (100kg).

L’ensemble était composé, d’un tracteur « qui remplaça la locomotive » et qu’il fallait chauffer et démarrer à la main. D’une batteuse entraînée par une courroie reliée au tracteur. D’une botteleuse et d’une souffleuse pour éjecter la balle.

Le chauffeur était le maître absolu et faisait régner une discipline de fer justifiée par les risques d’accident et le manque de sérieux de certains ouvriers. Il surveillait la quantité de cidre bu lors des pauses. A table, les autres attendaient qu’il débute et à la fin quand il refermait son couteau c’était le signal que le repas était terminé et qu’il fallait reprendre le travail. Tous les soir il payait les journaliers. Le lendemain il n’était jamais sur de les revoir.

Les journées de battage donnaient beaucoup de travail à la maîtresse de maison car il fallait nourrir tout ce monde

Certaines fermes étaient réputées pour la nourriture. D’autres donnaient du cidre trop vieux et imbuvable. Le lapin revenait souvent au menu. Le lard de porc était largement proposé.

Parfois des journaliers sans domicile fixe demandaient à coucher dans la grange, sur la paille. Le fermier confisquait alors leurs cigarettes, briquets et allumettes pour éviter le feu.

Le Guérisseux (guérisseur)

Le rac’modeux (raccommodeur)

Personne qui guérit par « secret » ou  par prières certaines maladies des hommes et animaux.

Certains étaient des toucheurs, ils guérissaient par imposition des mains sur le mal.

D’autres étaient des rebouteux et remettaient les nerfs en place.

Ces connaissances étaient transmises de père en fils ou de mère en fille.

Diverses communes de la région possédaient leur guérisseux. Etait-ce des charlatans ou avaient-ils des connaissances de plantes que la médecine ne connaissait pas. Des personnes allaient vers ces personnes en espérant la guérison de leurs maux. Dernièrement pour un zona, « des gens bien intentionnés » déconseillaient d’aller voir le docteur car il n’y pourrait rien et préconisaient d’aller chez le guérisseur.

Des patients voyaient dans ces pratiques des miracles. D’autres pensaient que le praticien était en communication avec le diable et était un jeteux (jeteur) de sorts. Les plus incroyants y voyaient un placebo.

En 2013, nous rencontrons encore quelques personnes qui espèrent la guérison par ces pratiques.

Le guérisseux était un personnage craint et admiré. Souvent il ne demandait pas de rémunération mais acceptait des dons.

Personne qui parcourait la campagne avec sa boite à outils. Il effectuait les des petites réparations de vaisselle, de faïence et de porcelaine.

La plupart de ces réparations admirablement faites à l’aide d’agrafes et d’un ciment spécial, témoignent d’une parfaite maitrise artisanale et nous permet encore d’admirer ces plats, ces assiettes dont les cicatrices leur donnent un air vénérable, un peu comme d’un vieillard le beau visage buriné par le temps.

Le sabotier

Scieux de long (Scieur)

La fabrication à la main du sabot comportait diverses opérations.

Le sciage des grumes en billes, la fente des billes, l’appareillage, la taille, la creuse, la pare, le séchage, le vernissage.

Le sabotier dégrossissait le morceau de bois avec le paroir à grande lame. Il creusait ensuite avec une vrille et des cuillers diverses. Le tout était soumis à l’anatomie des pieds. Il fallait un bon coup de main.

Le sabot est maintenant mis à sécher puis est repris pour la finition au grattoir. Il est ensuite verni.

Diverses formes de sabot existaient.

Le dernier sabotier que j’ai connu à Cloyes était un cousin. Il avait son commerce rue Isambert.

Mes parents m’achetaient parfois une paire mais je ne les portais pas beaucoup car cela n’était pas pratique de courir avec.

 

Les arbres étaient débités dans le sens de la longueur pour créer des planches ou des poutres. Pour ce faire, une scie spéciale était utilisée de bas en haut. Deux hommes étaient nécessaires. L’un (le singe) se tenait sur le dessus et l’autre, en dessous prenait toute la sciure.

Le marchand de « piaux » peaux de lapins

Le tueux (tueur) de cochon

Les lapins, élevés chez les particuliers étaient dépouillés et la peau, retournée était mise à sécher en attendant le marchand

Celui-ci passait parfois et achetait ces dépouilles. Cela ne valait pas bien cher mais c’était toujours ça de gagné. Il vendait parfois des balais de bouleau pour les travaux de la ferme. Il rachetait aussi des vieilles ferrailles.

Je me souviens que pour mon argent de poche, mes parents me laissaient le soin de vendre les peaux et c’était toujours la fête même pour quelques centimes.

 

Quand un cochon, engraissé à la ferme pesait entre 10 et 200 kg, le tueux de cochon était demandé. C’était un charcutier qui venait à domicile. La famille était réquisitionnée pour diverses tâches à la demande du tueux de cochon.

Enfant, j’étais très impressionné par cet homme de grande taille (Il s’appelait César) qui entrait seul dans la soue. J’entendais le cochon grogner, crier et après quelques minutes l’homme ressortait avec le cochon ligoté.

Il le couchait et l’égorgeait avec son grand couteau. Ma mère devait être prête pour récupérer le sang dans une grande casserole.

Après César, un nouveau tueux venait et utilisait un pistolet, ce qui était moins effrayant.

Le cochon était attaché sur une échelle, la tête en bas et était débité. Chaque morceau servait à la préparation de divers plats Le gras était mis dans des « potes » de grès et abondamment salé.

Il fallait tourner le hache-viande. Du boudin noir était fabriqué.

 

 

 

 

 

 

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